MISSION PREPARATOIRE EN COLOMBIE
ETUDE GLOBALE SUR LA CONSULTATION ET LA PARTICIPATION DES BENEFICIAIRES ET DES POPULATIONS AFFECTEES DANS L'ACTION HUMANITAIRE
Véronique de Geoffroy
Itinéraire de la mission:
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Vendredi 14 |
Arrivée de Véronique de Geoffroy à Bogota en soirée |
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Samedi 15 et dimanche 16 |
discussions informelles, lecture de la presse, questions logistiques rencontre avec Frédérique Desgrais et Guillhem Ravier , CICR |
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Lundi 17 |
prises de rendez-vous, entretien avec Eduardo Bastos de MSF-E puis avec Orlando Vaca (projet Soacha)- rencontre avec Federico Lopez, sociologue de Cachivache |
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Mardi 18 |
prises de rendez-vous, entretien avec Cathy de MSF-F et collecte de données et de documentation |
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Mercredi 19 |
entretien avec Joan Nadal OXFAM-GB et Maria Jose Torres de UNOCHA |
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Jeudi 20 |
rencontre avec Moises Medrano CODHES, Adriana Moreno de ECHO, arrivée de Karla Levy |
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Vendredi 21 |
entretiens avec Teofilo Vasquez de CINEP, Père Luis de Programa para la Paz , Gorge Comninos du CICR. Démarches pour le recrutement de Colombien (nes), contacts avec l’Université Nationale |
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Samedi 22 et dimanche 23 |
travaux de traduction et première synthèse avec Karla. Prises de rendez-vous avec des candidats pour recrutement. |
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Lundi 24 |
journée avec MSF-E à Soacha, quartiers de déplacés de Bogota, entretiens avec Flor Ruthman et Jaime Pedraza, participation à la réunion inter-quartiers. |
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Mardi 25 |
Entretien avec Mari Luz Gallaga, MDM-F, Jose Luis Barreiro, CARITAS Favio Rivas, IRC Maria Angelica et Margarita, CINEP Irma, DIAL |
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Mercredi 26 |
Entretien avec Favio Varoli, UNHCR Carlos Ivan Marquez Perez y Aristoteles, Croix Rouge Colombienne Entretiens d’embauche |
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Jeudi 27 |
Entretiens d’embauche Rencontre avec Alba Zuloaga, Ingrid Correa, Ximena Corzo y Robin Hissen de la Red de Solidaridad Social (Présidence de la République) Entretiens d’embauche |
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Vendredi 28 |
Départ Véronique de Geoffroy et Karla Levy |
Les objectifs de ce premier temps en Colombie étaient les suivants :
Pour cela, Véronique de Geoffroy (team leader) s’est rendue à Bogota du 14 au 28 juin. Karla Levy (research assistant, Global Study) l’a rejoint du 20 au 28 juin.
1.1. Les acteurs humanitaires rencontrés :
Une trentaine de personnes de 19 organisations différentes ont été rencontrées. Ce groupe d’organisations est représentatif des acteurs de l’aide humanitaire en Colombie :
Parmi ce groupe d’institutions, un certain nombre sont membres d’ALNAP comme : CARITAS, ECHO, CICR, OXFAM, HCR, OCHA. D’autres organisations membres d’ALNAP sont présentes en Colombie (notamment SCF, UNHCHR, USAID, World Vision) et n’ont pu être contactées lors de cette mission préparatoire. L’équipe ne manquera pas de les rencontrer lors de la future mission d’étude.
1.2. Les entretiens :
Après les présentations usuelles du Groupe URD et d’ALNAP, l’étude était exposée en détail. Ces présentations et exposés étaient complétés par la distribution des documents préparés ( leaflet Groupe URD, leaflet ALNAP, Présentation du Global Study- dont la plupart ont été traduits en espagnol). Puis la parole était donnée à l’acteur sur les trois axes suivants : ses programmes (objectifs, lieux d’implantation), son point de vue des questions de participation (définition, avantages, limites), les possibilités de partenariat pour l’étude (visite des projets, contacts, logistique…).
L’étude a été très bien reçue et le sujet jugé comme très intéressant pour le cas spécifique de la Colombie. Aucun des acteurs rencontrés ne connaissait ni le Groupe URD ni ALNAP mais la description des travaux et des objectifs de ces réseaux de recherche a beaucoup intéressé nos interlocuteurs. Les sites web des deux organisations seront certainement visités dans les prochaines semaines.
La promesse d’organiser un séminaire de restitution à la fin de l’étude et de faire parvenir le résultat des recherches en espagnol a été un élément clef pour fonder la confiance et « ouvrir les portes ».
La mission d’étude devrait ainsi pouvoir compter sur un nombre satisfaisant de « terrains d’étude », c’est à dire de projets d’organisations différentes (ONGI et locales, OI, CICR, RSS, …) permettant de conduire la recherche.
Vu les conditions sécuritaires de la Colombie aujourd’hui, il n’a pas été possible de se déplacer sur des terrains éloignés lors de cette première mission préparatoire. Tous les déplacements longues distances doivent en effet s’effectuer par voie aérienne. Cependant MSF-E nous a inviter à participer durant une journée aux travaux du projet de Soacha, quartier périphérique de Bogota recevant un grand nombre de déplacés. Ceci nous a permis d’appréhender de façon plus concrète (même si superficielle) l’une des facettes de la réalité colombienne, à savoir l’impact de la crise sur les zones urbaines avec les « quartiers d’invasion » peuplés en partie par les déplacés. Cette journée nous a aussi permis de prendre pleinement conscience d’un certain nombre de contraintes qui seront à gérer pour l’étude, questions de sécurité, méthode d’interview, etc. (cf infra)
Afin de compléter l’équipe, une série de démarches ont été entreprises. Des contacts avec l’Université Nationale (centre des études sociales) ont été pris afin de diffuser l’annonce et d’obtenir des Curriculum Vitae, et les structures rencontrées nous ont fait parvenir d’autres candidats. Les deux dernières journées ont ainsi été consacrées en partie aux entretiens. Sept personnes ont été interviewées desquelles deux sont retenues ; un profil senior pour un mois (anthropologue spécialiste de l’exclusion urbaine) et un profil junior (jeune diplômée de thèse en anthropologie spécialisée dans l’approche communautaire) pour l’ensemble de l’étude.
2. Exposé succinct des choix méthodologiques en fonction des résultats de la mission :2.1. La crise humanitaire en Colombie :
L’impact direct de la crise politique que traverse le pays est la « prise en otage » de la population civile. Celle-ci est prise entre les feux croisés des différentes parties au conflit : les différents mouvements de guérillas (FARC, ELN) et les paramilitaires qui affrontent les Forces Armées Colombiennes. Les différentes parties au conflit s’affrontent sur l’ensemble du territoire national avec une configuration de type « pointilliste ». Elles tentent de prendre ou de garder le contrôle de zones territoriales pour plusieurs motifs (poids pour les négociations, contrôles des productions illicites, contrôle de zones géostratégiques, de voies d’accès et de couloirs stratégiques, etc.) et pour cela cherchent à contrôler de façons différentes les populations des territoires concernés.
Ces enjeux du conflit se traduisent par une série d’impacts directs sur les populations :
Mais aussi :
2.2. Le paysage des acteurs et l’action humanitaire :
Le Gouvernement Colombien, s’il reconnaît l’état de conflit interne et la crise humanitaire qui en découle, reste cependant le premier acteur humanitaire du pays et assume en partie les responsabilités afférentes. Les textes réglementant l’assistance d’urgence, le droit des déplacés, le rôle des différents ministères sont des plus élaborés qui existent au monde ! Le lecteur averti s’étonnera du niveau de protection offert par ces textes (principes de Deng totalement appliqués dans la loi 387 sur les déplacements forcés, deuxième protocole de 77 pour ce qui concerne le règlement applicable pour la conduite des hostilités et la protection des populations dans le cadre du conflit interne, etc.) et du niveau de connaissance par la population civile de ses droits tels que prévus dans le DIH !
L’acteur gouvernemental central de l’aide humanitaire est donc la Red de Solidaridad Social (dépendant de la Présidence de la République). La société civile étant extrêmement bien organisée, de nombreuses ONG et organisations de bases sont actives face à la crise. La Communauté internationale de l’aide vient en complément de ces actions, ce qui représente une caractéristique tout à fait particulière par rapport à la majorité des terrains en crise.
L’action de ces différents acteurs se centre principalement sur :
2.3. La participation en Colombie, première approche
La participation en Colombie est avant tout comprise comme le concept politique, qui a été intégré explicitement dans la Constitution de 1991 et dont la signification retentit sur l’action humanitaire. En effet, l’acteur central étant le gouvernement légitimement responsable des populations pour ce qui est d’apporter l’aide humanitaire, le concept de participation dans l’action humanitaire s’est naturellement intégré à cette facette particulière de la relation société civile-état.
La participation des communautés (entendre des groupes bénéficiaires) a été explicitement formulée dans la loi 387 régissant les questions humanitaires pour les déplacés. Cette facette sera importante à étudier et tout à fait originale dans le cadre de la Global Study.
Pour ce qui est des OI et ONG, la question de la participation révèle une diversité d’approches et de définitions très riche. Allant depuis les pratiques de la formation jusqu’au soutien à des organisation sociale prêtes à revendiquer leurs droits, la palette des définitions est très large. Elle semble dépendre en partie du type de programmes, de l’institution, mais aussi de la zone d’action. Tout cela reste à approfondir.
Du côté des « bénéficiaires » il semble là aussi que la Colombie présente des caractéristiques intéressantes et particulières :
2.4. Situation sécuritaire, questions logistiques
Comme explicité ci-dessus, la situation sécuritaire dans le pays est extrêmement précaire. Le changement de gouvernement prévu pour le 7 août est redoutée par beaucoup, les annonces du gouvernement futur d’Uribe étant jugées musclées.
Par ailleurs, les personnes déplacées sont, dans de nombreux cas, vues comme des partisans pro- guérilla ou pro- paramilitaires. Il s’en suit une stigmatisation du déplacé et une crainte pour ceux-ci de se déclarer comme tel. Ce phénomène est surtout vrai dans les cas de déplacement individuel vers les zones urbaines.
Ces deux premiers éléments ont un impact direct sur les choix de méthode :
Par ailleurs les acteurs humanitaires sont relativement bien acceptés et respectés par les parties au conflit, ce qui rend possible le fait de lancer la recherche dans des zones de conflit actif mais en s’associant étroitement aux organisations présentes sur ces zones. Au vu de cet élément, des ordres de mission seront préparés et des tee-shirt de reconnaissance seront fabriqués.
2.5. Les zones choisies- critères et choix
Au vu de ces divers éléments, une liste de critères pour le choix des zones a été concue :
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Type de population « cible » |
Déplacés individuels/collectifs |
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Déplacés/résidents |
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Déplacements rural-rural/rural-urbain ou encore urbain-urbain |
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Déplacés installés/déplacés temporaires |
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Retournés |
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Socioculturel : Afro-colombien, indigènes, indiens |
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Types de programmes |
Aide humanitaire d’urgence (alimentaire et non-alimentaire) |
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Aide à moyen terme |
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Aide au retour |
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Protection et accompagnement |
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Types d’acteurs |
Red de Solidaridad Social |
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CICR |
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ONG Internationales |
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ONG locales |
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Agences Nations Unies (PAM, HCR,..) |
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Eglises |
A partir de là, trois contextes ont été retenus :
2.6. Chronogramme
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SEMAINES |
15/07 |
22/07 |
29/07 |
5/08 |
12/08 |
19/08 |
26/08 |
2/08 |
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Travail équipe |
préparation |
synthèse |
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terrains |
Magdalena Medio |
Bogota |
Uraba |
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Atelier restitut° |
A Bogota |
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Constitution de l’équipe: |
VG, KL, FL, SR |
VG, KL, SR |
VG, KL, SR |
VG, KL, FL, SR |
VG, KL, FL, SR |
KL, FL, SR |
KL, FL, SR |
VG, KL, FL, SR, FG |
VG: Véronique de Geoffroy- chef de mission Colombie
KL : Karla Levy- assistante de recherche Global Study
FL : Federico Lopez- anthropologue
SR: Stella Rodriguez- anthropologue
FG: François Grünewald- directeur de la Global Study
3. Conclusions et remarques:
Cette première étape de contacts et de « débroussaillage » du sujet s’est avérée très importante. La durée de deux semaines était adéquate. Le fait de démarrer la recherche proprement dite seulement quelques semaines plus tard donne une continuité au processus.
Les documents préparés (leaflets ALNAP) ont été très utiles. Il manque cependant une présentation plus courte de la Global Study. Dans ce sens, le site web en cours d’élaboration sera sûrement très utile.
Le travail de traduction dans la langue du pays est très important et devra être maintenu (y penser pour l’Angola notamment). Il faudrait imaginer dès maintenant les possibilités de traduction du document final de la Global Study en espagnol ( ?).De même la démarche de proposer un atelier de restitution semble primordiale et permet de susciter l’intérêt des « partenaires » (structures qui s’ouvrent à l’étude et qui donc en attendent légitimement un retour).
Un autre document plus complet sera élaboré dans les jours à venir explicitant de façon détaillée les éléments de contexte ayant mené au choix des zones étudiées. De plus la méthodologie adoptée pour ce contexte spécifique sera détaillée. Ce document de méthode, traduit en espagnol, servira de base pour la recherche en elle-même et permettra d’exposer plus en détail aux structures « partenaires » sur le terrain ce que nous leur demandons et ce à quoi elles pourront s’attendre en terme de résultats concrets.